Vente d’alcool chez les eating places : les bars redoutent un désavantage


Des tenanciers de bars craignent que les nouvelles réglementations sur la vente d’alcool les désavantagent et créent une plus grande compétition entre les restaurateurs et eux.

Le projet de loi 72, adopté vendredi dernier à l’Assemblée nationale, permet aux restaurateurs de servir de l’alcool dans leurs établissements sans que les consommateurs ne doivent commander de repas.

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Francis Rodrigue, propriétaire de cinq eating places dans le grand Montréal, voit se profiler davantage de concurrence entre eating places et bars.

Même si leur delicacies ne fonctionne pas à plein régime passé une certaine heure, les eating places pourront quand même garder leurs portes ouvertes et se comporter essentiellement comme un bar, où les gens iront enchaîner les consommations alcoolisées, tant qu’un cuisinier est sur place.

«Vous comprenez que le commerçant qui a un petit native avec un cuisinier a le droit de remplir sa place, automobile c’est un restaurant. Tant et aussi longtemps que tu as un cuisinier et un permis de la MAPAQ, tu as le droit. Tant que ta delicacies est ouverte, tu as le droit», a-t-il dit.

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Autre problème : dans certaines villes québécoises, des règles limitent le nombre de permis de bars pour ne pas créer de saturation. M. Rodrigue s’inquiète que s’il est trop difficile d’obtenir un permis de bar, plusieurs entrepreneurs ouvriraient des eating places qu’ils géreraient comme des bars. Selon lui, il est facile de contourner l’esprit du règlement en gardant un cuisinier sur place.

Cet facet du projet de loi fait aussi réagir le propriétaire du bar La Voûte dans le Vieux-Port de Montréal, Nazim Tedjini. «On dirait qu’il y a un stéréotype qui colle à la peau des bars. On dirait que ça prend deux fois plus de travail pour avoir la même aide qu’une autre entreprise», a-t-il exprimé.

Selon lui, l’obtention d’un permis de bar est loin d’être une formalité et comporte des étapes que les eating places n’ont pas à franchir, comme une vérification d’antécédents judiciaires. «Il y a tellement de travail pour avoir un permis pour vendre de l’alcool», a-t-il affirmé.

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Les eating places peuvent dorénavant vendre de l’alcool accompagné d’aliments même en passant par un tiers-service (par exemple Uber Eats ou une autre compagnie de livraison du style), ce que les bars ne peuvent pas faire s’ils n’ont pas de permis de restaurant.

«Le gouvernement a complètement exclu les permis de bar du projet de loi 72. Nous devons pouvoir vendre du vin, de la bière et des cocktails sans nourriture pour emporter immédiatement, sinon toute cette industrie risque de ne pas survivre à la pandémie», déplore Andrew Whibley, le propriétaire du bar à cocktail le Cloak Room dans le Vieux-Port de Montréal.

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ALEX PROTEAU/24 HEURES/AGENCE QMI

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Kevin Demers, propriétaire des bars El Pequeño et le Chilly Room, à proximité du Cloak Room, ne comprend pas pourquoi il est doable de livrer de l’alcool sans repas en Ontario, mais pas au Québec. Après 20 ans dans le domaine, celui-ci despatched que l’industrie des bars est mal vue par le gouvernement.

M. Demers, M. Whibley, tout comme M. Rodrigue et M. Tedjini, sont toutefois unanimes: le permis de bar et de restaurant devrait n’être qu’un.

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PHOTO COURTOISIE

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Selon la porte-parole de la RACJ, Joyce Tremblay, ce projet de loi est réalisé pour aider et non pour nuire. «On n’a pas fait ça pour tuer l’industrie des bars!», a-t-elle mentionné. C’est la RACJ qui a écrit ce projet de loi déposé par la vice-première ministre Geneviève Guilbault.

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«Le however de la Régie n’a pas été de transformer les titulaires de permis de eating places en permis de bar. Ça a été d’assouplir la rigidité, automobile ils ne pouvaient pas servir [d’alcool]», a-t-elle aussi souligné.

Mme Tremblay croit aussi que les titulaires d’un permis de bar détiennent des avantages uniques à leur permis tel l’accès aux appareils de loterie vidéo. Elle ajoute que des mesures ont été prises afin d’aider le tenancier de bars à obtenir un permis de restaurant rapidement. «Il faut qu’il y ait une delicacies», a-t-elle tenu à rappeler.

La Company des propriétaires de bars, brasseries et tavernes du Québec croit que ses avantages sont de moins en moins nombreux. «De la façon que ça a été écrit, il n’y a plus vraiment d’intérêt à avoir un permis de bar», avance son président, Renaud Poulin.

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