L’opposition ne fait pas confiance à Uber Eats et compagnie pour s’autoréglementer


Le Parti québécois et Québec solidaire ne font pas confiance aux géants de la livraison par software pour réglementer eux-mêmes les frais qu’ils imposent aux restaurateurs comme le souhaite le gouvernement. 

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«C’est illusoire de penser que les multinationales vont agir seulement sous la recommandation du ministre de l’Agriculture qui leur fait de beaux yeux. Elles ne sont pas là pour faire la charité», a déploré la porte-parole du Parti québécois (PQ) en matière d’économie et de relance, Méganne Perry Mélançon.

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Mardi, cette dernière était sortie publiquement pour demander au gouvernement de la Coalition avenir Québec de décréter un plafond pour ces frais qui peuvent parfois atteindre 30 % du prix d’une commande. Une telle mesure a été mise en place récemment en Colombie-Britannique pour aider les entreprises du secteur de la restauration à traverser la crise de la COVID-19.

Ce à quoi le cupboard du ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, André Lamontagne, a répondu qu’il s’était adressé aux géants de la livraison par software Uber Eats, Door Sprint et SkipTheDishes pour leur demander de plafonner eux-mêmes le montant qu’ils exigent aux restaurateurs.

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«Nos restos de quartier ferment à gauche, à droite, et tout ce que la CAQ trouve à faire, c’est de demander gentiment aux functions de réduire leurs frais abusifs. Quel aveu d’impuissance!» s’est indigné le porte-parole de Québec solidaire en matière de justice fiscale, Vincent Marissal, mercredi, en joignant sa voix à celle de sa vis-à-vis péquiste.

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Selon lui, il revient à Québec de choisir entre «les income de Uber Eats, Skip et DoorDash et la survie pure et easy de nos eating places de quartier».

Selon l’attachée de presse du ministre André Lamontagne, Laurence Voyzelle, le gouvernement s’attend à recevoir une réponse de ces compagnies au plus tard jeudi.

Mercredi, des porte-paroles de SkipTheDishes et de DoorDash ont confirmé avoir discuté avec Québec, mais n’ont pas précisé s’ils appliqueraient la mesure demandée par le gouvernement provincial.

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«La réglementation des prix pourrait nous amener à augmenter les coûts pour les shoppers, ce qui pourrait entraîner une diminution des commandes pour les eating places locaux et une diminution des opportunités de revenus pour les Dashers (livreurs)», a indiqué un porte-parole de DoorDash.

«Tous les partenaires de restauration locaux et indépendants de la plateforme SkipTheDishes à travers le pays paient (déjà) moins de 20 % en fee lorsque leurs salles à manger sont fermées», a affirmé une porte-parole de la compagnie, la seule représentante canadienne du lot.

Uber Eats n’avait toujours pas répondu à nos demandes au second de publier ces lignes.

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Pour Québec solidaire, le gouvernement doit éviter de répéter les erreurs commises avec le projet de loi sur les taxis.

«En donnant à Uber un beau projet de loi fait sur mesure, on a fait entrer le loup dans la bergerie, a-t-il plaidé. Bien maintenant, le loup a fait le tour de la bergerie et il est entré dans le resto du village. Tout le monde commande plus souvent depuis le début de la pandémie, c’est regular. Ce qui est moins regular, c’est qu’on laisse les functions de livraison fixer les règles du jeu.»

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